Mon premier triathlon : Paris 2015

     Je vous en parlais il n'y a pas longtemps (ici), c'est une pub dans un magazine qui m'a convaincu (influençable, moi ?!) de m'inscrire à ma première course : le Triathlon de Paris, édition 2015. Je n'étais même certain d'arriver au bout de l'épreuve, mais le défi me plaisait, alors j'ai foncé !

     Il s'agissait d'un format M, ou courte distance (courte?!). Les 1500 mètres de natation ne m'effrayaient pas vraiment, j'en avais vus d'autres. Par contre les 40 kilomètres de vélo c'était l'inconnue ; je ne connaissais que la balade sur mon VTT. Quant à la course à pied, cela dépendrait de mon état de fatigue. Une rapide estimation de mon chrono : 30min pour la natation, 2h pour le vélo et 1h pour la course, je tablais, à la louche, sur 3h30. La suite du programme était en tout cas toute tracée : un bon paquet d'entraînement !

     Huit semaines me séparaient de l'épreuve. Et c'était aussi la durée du programme d'entraînement proposé par l'organisation de la course. Sans le suivre à la lettre, je gardais ainsi un oeil sur le plan "Débutant", donné pour un chrono de 3h qui me paraissait bien optimiste, afin de me rassurer sur mon volume d'entraînement. Je me sentais progresser de semaine en semaine en vélo et course, et dans ma capacité à enchainer les deux (la natation par contre c'était à la cool...). C'est sympa de sentir ses progrès ! Ce que je sentais aussi c'était la fatigue. Même en ménageant mon sommeil, la préparation laissait des traces. En fin de sixième semaine j'étais au bout du rouleau, épuisé et sur les nerfs. Pas d'une compagnie très agréable il parait. Je veux bien le croire, mais je voulais mettre toutes les chances de mon côté !

 

     Alors la veille du jour J, j'essaie de me rassurer en m'appuyant sur le travail effectué : 19km de natation, 710 de vélo et 110 de course à pied. Pas mal, mais pas assez pour être parfaitement serein ! La journée était en tout cas chargée. Le matin, c'est retrait de mon dossard sur le village au pied de la Tour Eiffel avant d'enchainer pour aller déposer le vélo au parc des sports de Choisy-le-Roi. J'arrive tout fier avec mon beau vélo prêté pour l'occasion par une âme très charitable (Merci Margot !), un Lapierre Shaper 700, mais il ne suscite pas l'admiration escomptée : sur l'immense aire de transition s'alignent des avions de chasse tous plus rutilants les uns que les autres. Je me rassure en me disant que ce n'est pas le matériel qui fait la course. Retour à la maison et repos avant le grand jour.

     

     Après une nuit moyenne, c'est enfin le matin du grand jour en question. Celui que j'attends depuis huit semaines. Le petit déj' passe assez mal mais pas le choix, il faut manger. Dernière vérification des affaires - c'est au moins la dixième - et en route vers le parc des sports et son bassin d'aviron. Je vérifie que mon vélo est bien à sa place, et j'installe à côté mes affaires pour la transition. Dossard 1464, il s'agit de bien s'en rappeler pour ne pas rater la rangée. Un dernier coup d'oeil, et je me dirige vers le départ, à l'autre bout du bassin, accompagné de mes parents venus m'encourager. L'eau étant à 27°C, la combinaison est interdite pour tout le monde. Je m'aperçois rapidement que je serai un des seuls à nager en maillot de bain, tous ou presque sont en tri-fonction. Décidément, le matériel ne sera pas mon point fort.

 

Parc à vélos dans l'aire de transition au Garmin Triathlon de Paris 2015

Le parc à vélos, derniers préparatifs avant le départ

 

     Partant dans la deuxième vague, je regarde le départ de la première pour tenter d'évaluer la bataille entre les nageurs souvent décrite sur les forums. Mais le bassin est large, et après quelques dizaines de mètres les nageurs s'étalent facilement. Tant mieux. C'est maintenant à moi de me mettre à l'eau. À 27°C ça ne me change pas des piscines auxquelles je suis habitué, les algues en plus. Je fais quelques mouvements pour m'échauffer, et rejoins la ligne de départ pour essayer de bien me placer. Peu après, le départ est lancé !

 

Départ natation Garmin Triathlon de Paris 2015

Départ de la vague noire, la mienne !


     Je vérifie que mon chrono est bien parti, et joue un peu des coudes pour me mettre à l'avant assez rapidement. Je suis vite plutôt isolé, et peux donc me mettre à mon rythme ; la bataille redoutée n'a pas eu lieu. Les sensations sont vraiment super bonnes, l'eau est assez claire et à une température idéale, j'ai l'impression d'être en piscine. En plus j'arrive à voir mon chrono en nageant, et des panneaux sur le bord marquent tous les 250m. Je suis sur un bon rythme, 8min aux 500m, 16min aux 1000m, et je rattrape bientôt les derniers concurrents de la première vague partie 8min avant. Je sors régulièrement la tête pour vérifier que je nage droit, histoire de ne pas me rajouter 200 mètres bonus avec une trajectoire mal assurée. J'arrive bientôt au bout du bassin, et je mets un petit coup d'accélérateur pour doubler encore quelques participants. Je sors de l'eau en 23'45". C'est plus rapide que mon estimation, mais pas le temps de me réjouir, je cours vers l'aire de transition en ignorant le ravitaillement proposé. J'ai adoré cette épreuve de natation et y ai pris beaucoup de plaisir. J'ai un grand sourire accroché au visage, même si je sais que le plus dur reste à venir.

 

     Je retrouve facilement mon vélo, mais pour me changer c'est une autre paire de manches ! Pas évident d'enlever le maillot de bain sous la serviette avec le stress de faire au plus vite. J'enfile mon short, mon t-shirt et mes baskets de course, n'ayant pas d'affaires de vélo. Le casque pour finir et je pars au pas de course rejoindre le départ vélo. Un paquet de monde a été plus rapide que moi pour effectuer cette transition, et cela se confirme lorsque j'enfourche mon vélo : 4'30". Il y a vraiment de quoi gagner du temps la prochaine fois !

 

Début de la partie vélo Garmin Triathlon de Paris 2015

Pas question de marcher pour rejoindre le départ vélo !

 

     Je pars sur ce vélo dont je n'ai pas du tout l'habitude, et les sensations sont bien différentes de mon VTT habituel. Je n'ai du coup aucune idée de la vitesse à laquelle je roule, n'ayant ni compteur ni montre GPS. Les routes sont fermées pour nous et ça file, pas trop le temps d'apprécier le paysage. Je vois pas mal de concurrent me dépasser, certains ayant déjà formé des petits groupes. Je ne m'en inquiète pas trop, sachant bien que le vélo n'est pas mon fort, et que j'ai été assez vite en natation. Je reste bien concentré sur la route et ses pièges car je sais qu'avec ce type de vélo il est facile de se retrouver par terre.

   Nous rejoignons le coeur de Paris par les quais de Seine et le décor est superbe. Le passage à hauteur de la Tour Eiffel correspond à peu près à la moitié du circuit, et je suis plutôt bien physiquement. Il s'agit maintenant de ne pas craquer sur la deuxième partie du parcours.

 

     Et c'est justement là que les choses se compliquent. Je n'ai plus de repères pour évaluer ma progression, et il n'y a aucune indication kilométrique. Je commence à avoir du mal à pousser sur les pédales, et surtout je continue à me faire doubler sans arrêt. Même après une heure de vélo, les groupes qui me dépassent roulent toujours bien plus vite que moi. Et je crois bien n'avoir doublé strictement personne ! Cela fini par sérieusement entamer mon moral. Je me sens alors bien seul, et si j'aurais apprécié des encouragements, les bords de la route sont désespérément vides. Mais pourquoi n'y a-t-il aucun panneau de distance sur ce ****** de tracé ?!

     Celui que je n'attendais plus arrive finalement, le demi-tour dans le bois de Boulogne au trentième kilomètre. Je croise enfin un concurrent esseulé, qui fait un petit bout de route avec moi. Nous discutons un peu, et cela me remet du baume au coeur. Il me lâche finalement, et je termine seul ma route vers la fin de cette galère. J'ai vraiment mal aux jambes, et je n'ai plus le courage de pédaler dans les descentes. Mais qu'est-ce que c'est long 40 kilomètres !! Et puis enfin je la vois, la Tour Eiffel qui marque la seconde aire de transition. Ce sont les derniers kilomètres, puis LE dernier. Les spectateurs sont plus nombreux au bord de la route, et parmi eux je vois finalement mes parents, ainsi que Sophie qui les a rejoint. Leurs encouragements me font beaucoup de bien, même si je me dis que j'aurais préféré les avoir au 25ème kilomètre. Je traverse le pont d'Iena, et la vue sur la Tour Eiffel est magnifique. Enfin la ligne est là, celle qui marque la descente obligatoire du vélo. J'ai mis 1h20' et c'est une bonne surprise. Je pose les pieds à terre et cours pour aller ranger mon vélo. Enfin j'essaie de courir, car dès les premiers pas je sens une douleur spectaculaire à la base des fesses. Une sorte de contracture énorme de muscles surement trop sollicités à leur goût par cette deuxième partie de l'épreuve. Je trottine tant bien que mal, et dépose mon vélo et mon casque. Ça en fait deux sur trois !

 

Vélo au Garmin Triathlon de Paris 2015

L'arrivée sur le pont d'Iéna sonne comme une libération

 

     Bonne nouvelle, mes douleurs musculaires s'estompent à mesure que je cours dans l'aire de transition. Et deuxième bonne nouvelle, contrairement à la quasi-totalité des participants je n'ai pas besoin de m'arrêter puisque je suis déjà en tenue de course : cette seconde transition n'aura duré que deux petites minutes.

     Je passe la ligne qui marque les 10km restants avant l'arrivée et contrôle mon chrono : 1h50'. Je devrais réussir à passer la barre des 3h que je m'étais (secrètement) fixée. Je cours habituellement mon 10km en une cinquantaine de minutes, disons 1h avec la fatigue, en tout cas pas plus d'1h10'. J'essaie de ne pas partir trop vite, car je sais que les sensations sont trompées après l'effort du vélo. Je croise à nouveau mes parents et Sophie, qui m'encouragent chaleureusement.

     Plus tard, je croise enfin un panneau kilométrique, le premier depuis la sortie de l'eau, celui des 2km. Je regarde ma montre : 1h58'. What?!  J'ai mis 8' pour faire les deux premiers kilomètres, alors que mon allure à l'entrainement n'est jamais descendue sous les 4'50". Je n'en reviens pas, et je pense avoir un peu ralenti à ce moment, par peur de ne pas tenir cette allure. Plus aucun panneau par la suite, même si je ne jurerais pas qu'il n'y en avait pas, n'étant pas au top de ma lucidité. Du coup je cours au feeling, en me concentrant sur mon état, à l'affut du moindre signe de défaillance. Pas question de craquer maintenant !

   Je mets du temps à m'en rendre compte, mais je double pas mal de concurrents, tandis que peu me dépassent. De toute façon je ne calcule plus et ne regarde même plus le chrono, je suis un peu déconnecté, en pilote automatique. C'est dur mais je sens que je vais y arriver.

 

     Et puis enfin, je reconnais la ligne droite du premier, et donc du dernier kilomètre. Un peu plus loin je retrouve mon équipe de supporters qui n'est pas avare en encouragements. Il ne reste que 500 mètres. C'est le sprint final, mon premier. Un moment bien particulier. Je n'ai plus mal, je ne suis pas fatigué, je ne sens plus les chocs des foulées qui s'allongent et s'accélèrent. Plus rien ne compte à part la ligne d'arrivée. Je passe les dernières barrières et entre dans le stade Émile Anthoine, l'arrivée est de l'autre côté, à moins de 200 mètres de piste. Un dernier effort pour dépasser une concurrente, dossard 3158. Et puis, enfin, la ligne. C'est fini.

 

Arrivée course à pied Garmin Triathlon de Paris 2015

Un beau duel dans la dernière ligne droite, je m'en souviendrai !

 

     Quelques pas pour freiner et arrêter mon chrono que je regarde sans le voir, et puis plus rien, l'immobilité. Ça fait bizarre. Une grosse fatigue monte, et je ne me sens pas très bien. Je me concentre pour rester sur mes deux jambes, et récupère un peu hagard mon t-shirt finisher avant de rejoindre le ravitaillement pour boire et refaire le plein de sucre. Je repense à mon chrono et à ce que j'y ai lu : 2h32'. 2h32' ! Je comprends à peine comment cela est possible, c'est au delà de toutes mes espérances (mon objectif inavoué était de moins de 3h !). J'ai donc couru ces 10km en 42', j'arrive à peine à y croire.

 

     Sophie et mes parents me rejoignent et me félicitent. Je suis vraiment super content, super fier aussi. J'ai terminé mon premier triathlon, j'ai su m'accrocher dans les moments difficiles, j'ai fait un temps auquel je n'aurais même pas rêvé, et j'y ai pris beaucoup de plaisir !

     Cette épreuve est une vraie réussite, et je ne suis pas prêt de l'oublier. J'ai goûté à un sport qui m'a beaucoup plu, et j'ai hâte de remettre ça. Mais pas tout de suite quand même, j'ai mal aux jambes !

 

 

 

Dur de remettre le chrono à zéro, je l'aurais bien gardé tel quel ! 

 

Les résultats confirment mes impressions :

c'est super en natation et en course à pied, mais niveau vélo... Il y a du boulot !

(2 300 finishers indiv.)


À lire aussi



Écrire commentaire

Commentaires : 0

 

Un kilomètre à pied

 

Blog

running, triathlon

 

2015

 

PARTAGE  &  SUIVI

.....................................................

Pour ne rien rater, suivez

Un kilomètre à pied sur Facebook :

Ce blog vous plaît ? Partagez-le !

 

L'AUTEUR

.............................................

Aurélien, sportif

et grand amateur

de bouviers bernois.

Un kilomètre à pied - Blog running triathlon trail course à pied