Acheter un premier vélo de route

Vélo

 

     J'ai pu commencer le triathlon sans posséder d'autre vélo que le vieux VTT de mon adolescence, adapté sur un cross-triathlon, ou bien habilement remplacé grâce à un généreux prêt pour une épreuve classique. Ces petits tours de passe-passe m'ont permis de retarder l'échéance (et l'investissement !), mais pour m'engager sérieusement dans la pratique du triple effort pas le choix, il me fallait un vrai vélo de route. Mais comment choisir quand on n'y connaît strictement rien ?...

 

     Eh ba on se renseigne pardi ! J'ai donc poussé la porte du vélociste le plus proche de chez moi, pour annoncer au vendeur avec un grand sourire "Bonjour, j'aimerais acheter un vélo de route mais je n'y connais rien. C'est pour faire du triathlon." Oui monsieur, c'est tout ce que vous aurez comme indications de ma part. Heureusement celui-ci ne s'est pas dégonflé, et a pu m'aider à y voir plus clair. Grâce à ses conseils, et à des recherches complémentaires sur le net, le brouillard s'est peu à peu éclairci, et je savais bientôt quels éléments principaux regarder sur un vélo de route, pour finalement trouver le mien.

Anatomie d'un vélo de route

 

     Avant de vous décrire un peu plus en détails ma nouvelle acquisition, je vais essayer de résumer ce que j'ai appris dans me recherche de vélo et qui m'a aidé à faire mon choix. Cela ne sera ni très précis techniquement ni exhaustif, mais c'est déjà un début.

 

     Commençons par le cadre. C'est l'armature du vélo, il supporte les différents éléments : selle, guidon, roues... Il est constitué de tubes, qui forment deux triangles. Ces tubes sont dans la grande majorité des cas soit en aluminium, soit en carbone. Ce dernier est plus léger et plus rigide que l'aluminium, ce qui est bien sûr un double avantage. Il est donc logiquement plus cher, et on le trouve sur les vélos haut de gamme. La forme du cadre joue sur la position du cycliste. Un cadre court offrira une position relevée plus confortable, tandis qu'un cadre plus long permettra de se coucher pour une position plus aérodynamique.

 

     Cousine du cadre, la fourche est chargée de porter la roue avant. Ne cherchez pas de fourche suspendue comme c'est souvent le cas sur les VTT, elles sont bien trop lourdes pour les vélos de route où chaque gramme est compté. La fourche est ainsi souvent en carbone, même lorsque le cadre ne l'est pas. Cela permet de gagner en rigidité et en poids sans faire exploser la facture.

 

     En étant débutant, on peut considérer que le guidon est sensiblement le même sur tous les vélos de route. Il est constitué du cintre où vous mettez les mains, et de la potence, qui relie le cintre au cadre. Il offre plusieurs positions, dont deux permettent de tenir les manettes de freins, qui servent aussi à passer les vitesses. C'est en effet une question que je me suis naïvement posée : comment passe-t-on les vitesses sur un vélo de route ? Il n'y a en effet ni gâchette ni poignée tournante comme sur les autres types de vélos. Le mécanisme est en fait intégré dans les manettes de frein. Celles ci sont divisées en deux parties, et peuvent être manoeuvrées soit vers le cycliste pour freiner, soit vers l'intérieur pour changer de braquet. On augmente celui-ci en ne poussant que la petite partie de la manette, ou on le diminue en poussant l'ensemble. Pas d'inquiétude, on prend vite le coup de main !


     La selle... pour s'asseoir ! Pas grand chose à ajouter, chaque cycliste doit finir par trouver celle qui lui convient le mieux. Et pour ça il faut rouler. Beaucoup.


   Les roues constituent une partie importante sur laquelle je ne sais pas encore grand chose. Il est important qu'elles soient légères et rigides, comme le reste du vélo. Il semble que sur les vélos neufs, les roues d'origine soient souvent "des enclumes". Ainsi pour un vélo d'occasion, si l'ancien propriétaire a changé les roues, c'est plutôt bon signe. Enfin, si comme moi vous destinez ce vélo à la pratique du triathlon, vérifiez le nombre de rayons sur chaque roue. Le règlement de certaines épreuves impose en effet un minimum de 16 rayons.


     Les freins des vélos entrée de gamme et haut de gamme sont toujours des freins à mâchoire, avec des patins qui viennent appuyer contre la jante. Sur certains vélo milieu de gamme, on trouve des freins à disque. Ceux-ci sont plus lourds donc pas adaptés à une pratique vraiment sportive, mais ils sont aussi plus efficaces et donc plus sécurisants.


     La cassette et les plateaux sont les roues dentées situées respectivement sur la roue arrière et sur le pédalier. La cassette comprend généralement entre 8 et 11 pignons, tandis qu'à l'avant on trouve deux ou trois plateaux. Dans tous les cas, ceux-ci sont largement suffisants pour débuter, et il n'est pas vraiment nécessaire de se pencher sur le nombre de dents présentes. Il sera temps de le faire quand vous grimperez le Tourmalet ou quand vous vous inscrirez en contre-la-montre.

 

     J'ai gardé pour la fin l'élément qui m'est apparu le plus important : le groupe. C'est l'ensemble formé par les manettes permettant de changer de plateau et de pignon et les dérailleurs avant et arrière. Il s'agit d'un élément clé car c'est souvent celui qui distingue les différentes déclinaisons dans une gamme. Sur les vélos que j'ai comparés, il s'agissait presque toujours de groupes Shimano. La gamme des groupes Shimano pour vélo de route est la suivante : Claris (l'entrée de gamme) < Sora < Tiagra < 105 (la référence en milieu de gamme). Un groupe plus haut de gamme assure un changement plus fluide et plus précis de rapport, avec moins de risque que "ça coince".

 

La fourche suspendue aurait peut être été un atout pour affronter les pavés du Paris-Roubaix

 

     Ces éléments constituent une petite base bien utile lorsque l'on souhaite acheter son premier vélo de route. Il ne faut ainsi pas s'inquiéter de commencer avec un cadre en aluminium, le carbone étant destiné aux cyclistes avertis. En revanche, une fourche en carbone est plus abordable et constitue un avantage. Le groupe est un élément important, et peut vous permettre de départager deux vélos proposés au même prix.

Précieux kilos

 

     Je n'ai pas encore parlé du poids du vélo, qui est pourtant un enjeu récurrent. Dans l'absolu plus votre vélo est léger, mieux c'est. La différence se fera surtout sentir dans les côtes, et lors des accélérations. Les vélos très haut de gamme atteignent ainsi un poids inférieur à 6kg. Les vélos les plus lourds, et les moins chers, pèsent quant à eux entre 10 et 11kg, ce qui est quand même beaucoup. On entend parfois des phrases du genre "il est plus facile de gagner des kilos sur le cycliste que sur le vélo", insinuant que le poids de l'engin n'est pas un critère si important, tant que le cycliste a le physique d'un jockey. Pourtant, à la différence d'un cheval, un vélo n'avance pas tout seul. Un cycliste de 60kg aura certes moins de poids à porter, mais aussi mois de masse musculaire pour le faire avancer qu'un cycliste de 80kg (s'il s'agit de son poids de forme). Mieux vaut donc viser un poids inférieur à 9kg pour un bon rapport légèreté/prix. À noter que ces poids correspondent toujours au vélo sans les pédales, celles-ci étant généralement vendues à part. (Quoi ? Je n'ai pas parlé des pédales ? Patience, elles auront bientôt droit à leur chapitre !).

C'est le mien !

 

     Vous voilà désormais en possession d'un minimum de connaissances qui pourront vous permettre de comparer différents modèles et, comme moi, de sauter le pas. Après avoir renoncé au neuf, trop cher, j'ai jeté mon dévolu sur un modèle d'occasion. Le tarif était intéressant au regard de l'équipement proposé, et comme je le trouvais en plus très beau, il ne m'a pas fallu longtemps avant de craquer. Quelques jours plus tard, cette merveille trônait dans mon salon !


Les plus observateurs auront noté que la roue avant ne compte que 18 rayons. C'était limite pour le triathlon !

   

     Il s'agit d'un Giant TCR de 2011. Le cadre est en aluminium et la fourche en carbone. Les roues d'origine ont été changées pour des Mavic Ksyrium Equipe. Le groupe n'est pas non plus celui d'origine, il a été remplacé par un Shimano 105. Je ne connais pas son poids "nu", mais tout équipé avec pédales, compteur et porte-gourdes il pèse environ 8,5kg. Grâce à ces modifications, son ancien propriétaire a fait de ce vélo une belle machine, qui malgré les kilomètres est toujours en très bon état. À mon tour maintenant d'en prendre soin !

Les pédales automatiques : un vrai plus

 

     Une autre grande différence sur un vélo de route par rapport à un modèle de loisir, c'est la présence (quasi) systématique de pédales automatiques. Automatiques ?!

     Cela ne veut pas dire qu'elles pédalent toutes seules, mais tout simplement que vos chaussures seront accrochées sur ces pédales à l'aide d'un système de fixation. Il en résulte une augmentation non-négligeable du rendement : tout votre mouvement de pédalage transmet de l'énergie à votre vélo, y compris la phase de remontée du pied, ce qui n'est pas le cas avec des pédales plates. Plus de rendement cela se traduit par plus de résultat pour le même effort, plutôt cool non ?


     Malgré cela, le passage aux pédales automatiques peut inquiéter le cycliste habitué aux pédales plates. J'étais moi-même un peu réticent, craignant de ne pas réussir à me détacher et de tomber les pieds accrochés au vélo. Du coup je me disais qu'utiliser des pédales plates, avec lesquelles je ne m'étais jusque là pas si mal débrouillé, ne serait pas une si mauvaise idée. Quitte à renoncer au gain d'efficacité promis. Heureusement des cyclistes avertis m'ont convaincu de ne pas abandonner les pédales automatiques. Et aujourd'hui, après seulement quelques sorties, je réalise qu'ils avaient bien raison. Le système de fixation permet en effet un détachement très facile, par une simple rotation du pied vers l'extérieur. Sur certaines pédales, la dureté du ressort assurant cette fonction est même réglable, ce qui permet au débutant de faciliter encore le décrochage. Je ne suis donc jamais resté coincé. La clé pour éviter la chute tient dans l'anticipation. Il faut détacher un pied, toujours le même pour que cela devienne automatique (comme les pédales !), plusieurs mètres avant chaque arrêt afin de ne pas se faire surprendre. C'est une habitude à prendre, et après un délai d'adaptation on n'y pense même plus.


   

     J'espère vous avoir rassurés, et convaincus d'adopter vous aussi les pédales automatiques. Si c'est le cas, voici un petit point sur les différents systèmes existants - il en existe en effet plusieurs, qui ne sont évidemment pas compatibles entre eux, ce serait trop simple.


     L'utilisation de pédales auto requiert trois éléments : les pédales elles-mêmes, les chaussures et les cales. Ces dernières sont de petites pièces qui viennent se visser sous les chaussures ; ce sont elles qui viennent se lier aux pédales. Tandis que les chaussures sont "neutres" et utilisables indifféremment avec chaque fixation, le couple pédales-cales doit lui appartenir au même système. Éliminons d'entrée le système SPD utilisé pour le VTT, cela nous laisse deux types de fixation : Look ou Shimano. Une pédale Look doit être utilisée avec une cale Look, et idem pour du Shimano. Petite subtilité, il existe deux systèmes Look : Delta (l'ancien) et Kéo.

     Pour vous équiper il vous faut donc vous assurer que vos cales sont bien du même type que vos pédales. Pour le choix des chaussures en revanche, vous êtes totalement libres !

     Voilà, j'espère vous avoir aidé à y voir plus clair pour, vous aussi, vous lancer dans l'achat de votre premier vélo de route. Quant à moi, maintenant que je suis parfaitement équipé, je n'ai plus qu'à rouler !


Bonne route ! (et on n'oublie pas le casque !)

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Aurélien, sportif

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