Je suis semi-marathonien !

Semi-Marathon Blog Bois de Vincennes 2015

 

     Je l'attendais avec impatience depuis mon inscription en août dernier, le semi-marathon du bois de Vincennes était ma dernière course de la saison, mais aussi une première pour moi sur cette distance. L'épreuve avait donc une saveur particulière, et ce d'autant plus que je ne la courrais pas seul.

     

     Cela faisait des années, bien avant d'ailleurs que je ne commence à courir, que j'avais eu envie de faire un jour un marathon avec mon coureur de père.  Grand amateur de course à pied depuis plus de trente ans, celui-ci ne compte plus ses participations sur de nombreuses épreuves : semi et marathon de Paris, 10 miles de Rosny-sous-bois, 20 kilomètres de Paris... Un joli palmarès, avec notamment un record à 1h37' sur semi-marathon. Pas mal !

     Pour notre première course ensemble nous avons choisi un semi, aucun de nous deux n'étant prêt pour un marathon. Et puis un semi à deux, ça fait un marathon nan ? Celui du Bois de Vincennes fin octobre était parfait, avec un parcours roulant dans le bois, et seulement 3500 participants. Avec l'état de forme du moment, notre objectif était de finir en moins de 2h. Nous savions que c'était faisable, mais ric-rac.

Départ dans les temps

 

     Nous n'avions pas fait de repérage du parcours, et le jour de l'épreuve un premier détail nous surprend. Le départ est donné dans deux allées parallèles séparées d'une dizaine de mètres, avec d'un côté les dossards pairs, de l'autre les dossards impairs. Et comme nous nous sommes inscrits ensembles, forcément nous avons deux numéros consécutifs ; c'est un peu dommage. Le départ est donné, et nous passons donc chacun notre ligne en essayant de ne pas se perdre, avant de nous rejoindre quelques centaines de mètres plus loin. Le problème c'est que tout le monde se rejoint à cet endroit, et comme l'allée n'est pas assez large, on se retrouve dans un bel embouteillage, obligés de marcher à peine deux minutes après être partis. De ce côté là l'organisation aurait pu mieux faire.

 

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Au 6ème kilomètre, pas de problème, tout va bien !

 

     Une fois cette difficulté passée, nous retrouvons un bon rythme, et les premiers kilomètres s'enchainent facilement. Il fait un temps idéal et le parcours est très agréable. Ma montre compare en permanence notre avancement avec l'objectif de 2h, et au passage du 5ème kilomètre nous avons rattrapé le retard pris au départ. Sans douleur ni fatigue excessive nous rejoignons le ravitaillement du 10ème kilomètre, où là aussi ça bouchonne. 57 minutes pour ces dix premiers kilomètres, c'est un peu moins bien que prévu, mais toujours dans les temps pour l'objectif.

Se faire une raison


     Même si nous arrivons bientôt à la mi-course sans grande difficulté, je constate depuis le 8ème kilomètre que notre rythme s'est ralenti. Pas de beaucoup, mais nous sommes au dessus des 5'41"/km qui assurent de finir en 2h. Et comme cela continue à mesure que les kilomètres défilent je commence à m'inquiéter. Si nous n'arrivons pas à relancer nous risquons de ne pas atteindre notre objectif initial. J'essaie donc de prendre les devants pour accélérer la cadence, mais sans succès. Je suis alors un peu perdu dans ma tête, quelque part entre frustration, déception, et refus de croire que nous n'atteindrons pas cet objectif auquel je croyais dur comme fer. Il va pourtant falloir que je me fasse une raison. Au 13ème kilomètre, alors que nous avons couru les cinq précédents à environ 5'55" de moyenne, je finis par accepter la situation : nous ne finirons pas en moins de 2h.


     Après avoir subi pendant près d'une demi-heure cette frustration, accepter finalement l'idée de cet échec (très) relatif me fait du bien. Je recommence à profiter de l'ambiance et à prendre du plaisir à courir. J'encourage mon père et nous avançons désormais plus sereinement vers la ligne d'arrivée, encore bien loin devant.

Que la fin fut dure !

 

     Je suis encore assez frais lorsque nous passons le troisième ravitaillement. Mais si mes jambes les ignorent encore pour le moment, ces quinze premiers kilomètres parcourus ne vont pas tarder à se faire sentir. Quelques minutes plus tard nous passons le cap des 17,5km. J'entre alors dans l'inconnu, n'ayant jamais dépassé cette distance à l'entraînement. Réelle barrière d'un point de vue physique, ou bien effet psychologique, la sanction est en tous cas quasi immédiate. Mes jambes sont lourdes et raides, ma foulée raccourcie et moins légère. Cela devient très dur aussi pour mon père, et nous ralentissons de plus en plus. Le 19ème kilomètre est interminable, nous avons tous les deux cru ne jamais voir arriver ce foutu panneau. Celui-ci se montre enfin, mais nous sommes très entamés physiquement. Moralement aussi, on est un peu au bout du rouleau. C'est à ce moment que courir tous les deux a pris tout son sens. Il n'était pas question de craquer le premier et d'abandonner l'autre. Pas question non plus de marcher, alors tant que c'était possible nous avons couru, à la volonté et au courage bien plus qu'au plaisir. Le 20ème est bouclé en 7'49" (!), dans la douleur mais sans qu'aucun de nous n'ait craqué. Et sans marcher !

 

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Nous serrons les dents dans la dernière ligne droite. La délivrance est proche !

 

     Le plus dur est désormais derrière nous. Le dernier kilomètre, bien qu'en faux-plat montant, fait figure de longue dernière ligne droite. Nous retrouvons le sourire à la vue de ma mère et ma grand-mère venues nous encourager, et nous accélérons avec nos dernières forces, dont nous n'aurions pas soupçonné l'existence quelques minutes auparavant. La fin est proche ! Lorsque nous sortons du bois il reste une centaine de mètres, et un autre concurrent prêt à terminer nous sépare de la ligne d'arrivée. À sa vue mon père que je n'avais plus entendu depuis un moment me lance un rageur "Aller on le grille celui-là !!". C'est notre micro-réserve d'énergie, celle qui n'existe que pour les derniers mètres, celle qui trahit le compétiteur quel que soit son état de fatigue, et qui se fiche du nombre de kilomètres qui ont précédé, qui nous pousse alors. Qui nous permet d'accélérer franchement, côte-à-côte. Et de le griller, celui-là.  Je suis semi-marathonien !

 


     En 2h07'56", mais c'est finalement un détail.


Cette course en duo a été un régal, malgré des moments difficiles, surmontés à deux. Merci Papa, et bravo !


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L'AUTEUR

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Aurélien, sportif

et grand amateur

de bouviers bernois.

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