Triathlon du Pays de l'Ourcq : un duathlon en demi-teinte

 

     Affûté comme jamais, je comptais bien tout donner pour battre mon chrono de Paris 2015 et établir un nouveau record personnel sur la distance. Une préparation en béton, un point sur les erreurs à ne pas faire, une motivation sans faille, j'avais pour cette course réuni toutes les conditions pour ne (presque) rien laisser au hasard. Sauf que dans ce "presque", il y avait quand même de la place pour un paquet d'imprévus...

Baptême de duathlon : qui l'eut crue ?

 

     S'il y a une chose que l'on ne maîtrise pas sur une épreuve comme celle-ci, c'est bien la météo. Et en ce printemps 2016, on ne peut pas dire qu'elle nous ait fait de cadeaux. De la pluie, de la pluie et encore de la pluie, si bien qu'un peu partout en France les crues ont donné un air de Venise à des villes qui s'en seraient volontiers passées. Et même si la Marne, dans laquelle était prévue la partie natation, a été relativement épargnée, cela n'était pas très rassurant pour le maintien de l'épreuve. Après un premier message de l'organisation pour dire que tout allait bien, la décision est finalement tombée en milieu de semaine précédant la course : natation annulée, remplacée par 5,5km de course à pied.

 

     Même si je me doutais que cela risquait d'arriver, la déception a été grande. Après tous ces efforts, focalisé sur l'objectif d'un triathlon CD, j'allais finalement courir une épreuve pour laquelle je ne me sentais absolument pas préparé. Même si les 2/3 de la course restaient inchangés, la perspective de devoir enchaîner course à pied et vélo me laissait perplexe. Aucun entraînement pour ça, je ne savais pas à quelle vitesse courir ces 5km, ni comment cette première partie allait impacter le vélo et la deuxième course à pied.

     Face à ce changement de dernière minute, ma motivation en a pris un coup. D'autant plus que les prévisions de pluie le jour de la course n'étaient pas réjouissantes, surtout pour le vélo. Je me suis un peu démobilisé, et le pression, positive, d'avant course n'était plus là. Contrairement à l'habitude je n'ai d'ailleurs eu aucun problème à m'endormir la veille, signe que l'enthousiasme était retombé. Cette nuit là j'ai d'ailleurs rêvé que la natation était finalement maintenue...

 

Changement de programme (encore)

 

     Le départ de la course est donné à 13h ce dimanche, ce qui permet de prendre son temps. Nous arrivons vers 11h30, et même si je n'ai pas vraiment faim à peine 2h après mon petit déj, j'avale une bonne salade de riz que j'aurai le temps de digérer avant le départ. Avec moins de 250 inscrits, le "village" de départ est minuscule, tout comme le parc à vélo où il sera difficile de se perdre ! Je récupère mon dossard, ma puce et... mon bonnet de natation (youpi !), et installe tranquillement mes affaires dans l'aire de transition. Mon vélo est prêt pour son premier triathlon duathlon !

 

Parc à vélo aire de transition triathlon pays de l'ourcq 2016 blog

     

     Je fais quelques aller-retours en trottinant pour m'échauffer un peu avant que nous nous rassemblions pour le briefing d'avant course. Pour une fois celui-ci nous apprendra quelque chose, puisque finalement les deux parties de course à pied seront identiques, constituées d'un aller-retour de 6,6 km. Un nouveau changement donc, annoncé à moins de 10min du départ ! Décidément cette course est bizarre... Et tandis que le juge-arbitre principal parle à côté du micro sans que personne ne puisse l'entendre, les concurrents se positionnent devant la ligne de départ. Les femmes partent les premières, puis 3min plus tard c'est notre tour.

 

Course à pied #1

 

     Départ sous le soleil, c'est inespéré ! La route est très étroite, et même si finalement nous ne sommes que 152 à prendre le départ, ça bouchonne pas mal. Moi qui ne savais pas quel rythme adopter sur cette partie de course, je n'ai à ce moment pas vraiment le choix : je suis le mouvement. La route fait vite place à un chemin très piégeux. Tantôt dans l'herbe haute, tantôt dans la terre, celui-ci est tout sauf lisse. La terre est sèche donc dure, et les ornières sont très marquées. Il faut garder les yeux au sol en permanence pour ne pas se tordre une cheville, ce que je manque de faire une dizaine de fois sur les premiers kilomètres. Quelques flaques de boue sont aussi de la partie, ainsi que deux ou trois petites côtes, très courtes, mais qui se font sentir. Je ne suis vraiment pas fan de ce type de terrain, qui impose une lutte quasi permanente pour rester sur ses deux jambes.

 

     Au milieu de tout ça je n'arrive pas du tout à garder un rythme constant. Je ne regarde donc plus l'allure faire le yoyo sur l'écran de ma montre, et me concentre sur ma course. Après un demi-tour en épingle ultra-serré sur une route pleine de gravillons, donc très glissante, le retour se passe mieux. Les concurrents se sont étalés, laissant de la place pour anticiper les pièges, et je tiens un bon rythme. Mais l'effort n'est pas anodin : j'effectue ces 6,3 km (à ma montre) à une moyenne de 96% de FCM.

 

course à pied triathlon pays de l'ourcq 2016 blog

 

     Je termine cette première partie en un peu plus de 26', pour une allure moyenne de 4'10", et c'est sous les premières gouttes de pluie que j'entre dans l'aire de transition.

 

T1

 

     J'y retrouve sans problème mon emplacement, enfile mon casque et retire mes chaussures de course à pied. Je récupère mes barres de céréales pour le vélo, mais je galère à les mettre dans la poche dorsale de ma tri-fonction. Cela m'énerve, j'arrête donc et mets mes chaussures de vélo, mais avec l'énervement je galère aussi et m'énerve un peu plus. Finalement, je parviens à mettre chaque chose où il faut, et après un peu plus de 2' de transition, je cours avec mon vélo, et mes chaussures pas du tout faîtes pour, jusqu'à la ligne de départ. Je mets quelques secondes pour clipser mes chaussures dans les pédales, ce qui ne manque pas une nouvelle fois de m'agacer !

 

     Me voilà parti pour la deuxième épreuve, celle sur laquelle j'espère avoir le plus progressé depuis l'année dernière.

 

transition 1 vélo course à pied triathlon pays de l'ourcq 2016 blog

Vélo

 

     Le parcours vélo est constitué d'une boucle à parcourir deux fois, déportée par rapport à l'aire de transition : il faut d'abord rouler 5 km pour rejoindre la boucle. Ça grimpe légèrement dès le début, et ce jusqu'au 16ème kilomètre. La route n'est pas fermée à la circulation, mais nous croisons peu de voitures, et des bénévoles sont placés à certains carrefours. Le drafting est interdit pour cette épreuve, ce qui n'est pas pour me déplaire. Tout le monde joue le jeu, et une longue file de cyclistes plus ou moins espacés jalonne le parcours.

 

     Cette première montée se passe bien pour moi, les jambes répondent bien, et si quelques concurrents me dépassent j'en reprends aussi certains ; rien à voir avec ce que j'avais vécu à Paris. Il tombe toujours quelques gouttes, mais la route n'est pas trop mouillée. Je fais quand même bien attention d'éviter une glissade malheureuse. Bien que la campagne environnante ne soit pas d'un grand intérêt, je me surprends à rouler en regardant le paysage autour de moi. J'ai l'habitude de faire ça à l'entraînement, mais là c'est quand même une course, alors focus !

 

     Même si globalement on monte, quelques descentes permettent de reposer un peu les jambes. Je me mets en position la plus aérodynamique possible, pour ne pas être ralenti. Au 15ème kilomètre, dans une de ces descentes, un membre de l'organisation nous fait signe de ralentir. Je ne comprends pas trop pourquoi, et dans une course quand on est lancé, on n'a pas forcément envie de tirer fort sur les freins sans raison ! Mais la demande est justifiée, car le virage suivant est très serré et présente un fort dévers. Avec en plus une route mouillée, mieux vaut ne pas prendre de risque.

 

     On bascule ensuite pour 5 km de descente qui nous amènent à la fin de la première boucle. Avec quelques relances, cette partie est très sympa, et la route y est presque toujours de bonne qualité. Nous traversons un village nommé Châton, ou quelques supporters sur le bord de la route nous encouragent avec autant d'énergie que s'il s'agissait du Tour de France. Cela fait vraiment super plaisir, et donne des forces pour pousser encore un peu plus sur les pédales.

 

chaton seine et marne vélo triathlon pays ourcq blog

 

     C'est reparti pour le deuxième tour, et il faut à nouveau grimper. Forcément, ce deuxième passage est plus dur, mais je fais l'effort nécessaire pour ne pas aller moins vite que la première fois. Pas mal de cyclistes me doublent dans les montées, même si finalement ils ne me distancent pas vraiment. Je les garde en ligne de mire quelques centaines de mètres devant moi, et intérieurement je leur donne rendez-vous sur la course à pied.

 

     Mon demi-litre de boisson est un peu juste, et je dois économiser pour ne pas me retrouver trop tôt à sec. Je commence aussi à avoir mal au dos dans ce deuxième tour. Cette douleur avait presque complètement disparue à l'entraînement, mais elle revient avec la course, et sans doute une certaine crispation. J'essaie de la soulager en me relevant dans les descentes, mais avec parcimonie car cette position est tout sauf aérodynamique.

     Malgré tout, les kilomètres défilent. J'ai eu le temps de me familiariser avec cette distance à l'entraînement, et elle n'est plus vraiment un problème maintenant. Je mesure alors le chemin parcouru depuis le début de la saison (et l’achat de mon vélo !).

 

     Au deuxième passage je me méfie de ce fameux virage en dévers. La présence du camion de la croix-rouge, qui m'avait doublé avec la sirène quelques minutes plus tôt, montre cependant que le danger était insuffisamment signalé. Ce genre de piège aurait dû nous être annoncé lors du briefing...

     Vient ensuite la descente pour les derniers kilomètres, avec notamment la traversée de Châton et ses supporters qui sont toujours là, et toujours aussi en forme. Bravo à eux !

 

     Après avoir terminé la deuxième boucle et rejoint la route nous ramenant vers le parc à vélo, un concurrent me rattrape et arrive à ma hauteur. Je suis étonné de le voir, puisqu'il m'avait déjà doublé un peu plus tôt. Nous échangeons quelques mots, et il m'explique qu'il n'avait pas compris comment effectuer les boucles ; il était reparti pour une supplémentaire. Nous finissons les derniers kilomètres ensemble, et sans nous tromper de chemin !

 

     Quelques centaines de mètres avant la ligne de pied à terre, j'entreprends de sortir les pieds de mes chaussures. J'y arrive plutôt bien, même si la position totalement repliée de ma jambe provoque des tremblements pas très rassurants avant la course à pied. J'effectue tranquillement les derniers tours de pédales en chaussettes, et descends du vélo juste avant la ligne.

 

 

     J'ai effectué ce parcours de 43 km et 466m de D+ à exactement 30km/h de moyenne. C'est vraiment une bonne surprise, car avec le vent, le relief et la course à pied avant, ce n'était pas gagné d'avance !

 

T2

 

     Après être descendu de mon vélo en marche avec l'aisance et la grâce d'un acrobate du cirque du soleil, je cours en guidant celui-ci vers l'aire de transition. Sauf qu'au premier virage et après 10m parcourus, je m'éclate par terre, et mon vélo avec, sous les yeux inquiets du maigre public présent. Je n'ai aucun idée de ce qui s'est passé; je ne sais pas du tout ce qui a coincé, si c'est au niveau du vélo ou si c'est moi. Ce qui est sûr, c'est que la prochaine fois je sacrifierai quelques secondes pour guider mon vélo plus sereinement jusqu'à son emplacement.

 

     Heureusement plus de peur que de mal, et je repars après que l'on m'ait lancé la chaussure que j'avais perdue dans la chute. Un peu déboussolé, je pose mon vélo, enfile mes running, et file vers la dernière partie de la course.

 

transition 2 vélo course à pied triathlon pays ourcq blog

Course à pied #2

 

     J'avale un gel énergétique dès le début de cette course à pied, et essaie de trouver un bon rythme malgré des jambes déjà bien entamées. J'ai à peine fait 100m quand je croise dans l'autre sens le premier qui en termine, avec une foulée impressionnante. En revanche les coureurs autour de moi semblent tous souffrir, et je les dépasse un à un, ce qui m'encourage moralement. Je retrouve effectivement certains de ceux qui m'avaient doublé en vélo, et je suis content de prendre ma revanche.

 

     Malgré le monde que je reprends, sans que personne ne me dépasse, cette course à pied n'est pas une promenade de santé. Le moteur tourne à plein régime, mon cœur est proche de son maximum, et mes jambes se remplissent inexorablement d'acide lactique. En plus de ça, je cogite pas mal sur cette chute avec mon vélo à T2, ayant peur d'avoir abîmé quelque chose sur ma précieuse machine. Pour ne rien arranger, un de mes lacets s'est défait, et je suis donc sous la menace d'un nouveau tête à tête avec le sol. Enfin, cerise sur le gâteau, je sens un échauffement sous mon pied droit qui ne tarde pas à dégénérer en grosse ampoule, certainement causée par l'irrégularité du terrain.

 

     Tout comme au premier tour, mon rythme est très irrégulier, mais la moyenne semble correcte, et je rejoins bientôt le demi-tour. J'y dépasse un nouveau concurrent perdu qui se demande combien de tours nous devons faire. Je pense l'avoir soulagé en lui disant qu'il n'y avait plus qu'une ligne droite avant l'arrivée dans 3km. C'est en tout cas la preuve que les changements de parcours et la communication de l'organisation laissaient à désirer...

 

     Pour ma part je ne suis pas perdu, et je suis focalisé sur cette dernière ligne droite qui me sépare de la ligne d'arrivée. J'en bave, mais je ne craque pas, et fais l'effort pour ne pas ralentir et continuer de dépasser autant de monde que possible. L'arrivée s'approche, mais conserver mon allure est l'effort maximum que je peux faire à ce moment là, et je renonce à l'idée d'un sprint sur les derniers hectomètres. Ce sera au mieux une légère accélération. Lorsqu'un concurrent me dépasse - c'est le premier depuis le début de cette course à pied - à quelques dizaines de mètres de la ligne, je suis piqué au vif. C'est moi qui d'habitude m'arrache pour gagner des places dans le sprint final ! Mais cette fois je suis de l'autre côté, et je n'ai pas le jus pour lui résister.

 

 

     Je passe la ligne dans un dernier effort, avant un gros coup de mou. Pendant quelques secondes je suis complètement étourdi, pas vraiment connecté à ce qui m'entoure. Il faut dire que j'ai tout donné ! J'ai bouclé cette partie à 4'20"/km de moyenne.

     Je reprends progressivement mes esprits, et me pose pour souffler un peu. Le ravitaillement d'après-course est digne d'un goûter de colonie de vacances low-cost ; de l'eau, trois bouts de banane et deux tranches de quatre-quarts trop sec qui se battent en duel. On est loin du fromage et du saucisson du Run In Lyon...

 

triathlon pays de l'ourcq blog

Bilan mitigé

 

     Concernant la course, les déceptions ont été nombreuses. Cela a bien sûr commencé par l'annulation de la partie natation, néanmoins justifiée au vu de l'état de la Marne le jour de l'épreuve.

     L'organisation assez moyenne était également regrettable. La communication ratée sur les parcours a été source de confusion chez de nombreux concurrents. Le parcours de course à pied était à mon goût en trop mauvais état, et le demi-tour sur place a dû voir plus d'une chute. Si en vélo le trajet était agréable, le fait d'avoir déporté les boucles loin de l'aire de transition empêchait les personnes accompagnant les coureurs de les voir et de les encourager. Plus grave, la sécurité sur cette partie vélo n'était pas assurée correctement, avec des piétons ou des voitures circulant sur la route notamment juste avant T2, où les premiers coureurs arrivent sans visibilité à 40km/h... Le ravitaillement famélique d'après course a fini de laisser un goût d'à peu près à cette course. Je regrette aussi de n'avoir ni médaille ni t-shirt, même si cela peut se comprendre au vu du prix d'inscription (env. 30€ hors licence). Mais le prix n'excuse pas tout ; au même tarif, le cross-triathlon de Jablines bénéficiait d'une organisation impeccable.

 

     En revanche d'un point de vue sportif, il y a des motifs de satisfaction. Même si je n'étais pas très chaud pour un duathlon, l'ambiance de course et le fait d'avoir un dossard sur le dos m'ont poussé à donner le meilleur de moi-même. Les parties de course à pied terminées à 4'10" et 4'20" de moyenne sont encourageantes, car je pense que le terrain constituait un sérieux handicap. Cela devrait être encore plus rapide sur route !

     Je suis aussi très content de ma course à vélo. Cette discipline était à mes débuts un gros point faible (1900/2400 à Paris), mais j'ai depuis bien progressé et aujourd'hui je m'en tire bien mieux. Ce n'est pas encore là que je gagne du temps, mais il semble que je sois sur la bonne voie !

     Du côté des transitions par contre, ce n'est pas encore tout à fait ça. Entre l'agacement à T1 et la chute à T2 où j'ai flingué ma roue avant, je peux espérer faire mieux. Pour ça, je crois tout simplement qu'il faudra y aller plus tranquillement, accepter de perdre quelques secondes pour que ces étapes délicates se passent plus sereinement. Ne pas confondre vitesse et précipitation en somme !

Course à pied #1 + T1 Vélo + T2                    Course à pied #2         TOTAL                  
6,3 km + T1 43 km + T2 6,2 km 55,7 km
27'54" 1h27'44" 26'58" 2h22'35"
42/151 59/151 20/151 42/151

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Aurélien, sportif

et grand amateur

de bouviers bernois.

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